Mucuna pruriens : ce que signale le rappel belge d’un complément

Le 6 octobre, l’AFSCA a rappelé tous les lots du complément Perform (Libonex) en Belgique. Ce que vise l’alerte et les bons réflexes.

Un flacon ambré sans étiquette près de graines tachetées et d’une gousse, sur une table claire.
Le rappel porte sur un produit précis ; l’avis officiel ne vaut pas rappel général de toutes les préparations végétales.

Le 6 octobre 2026, l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) a annoncé le retrait de la vente et le rappel auprès des consommateurs du complément « Perform », de la marque Libonex. Tous les lots sont concernés : l’agence demande de ne pas consommer le produit et de le rapporter au point de vente. La raison indiquée est la présence de Mucuna pruriens, qualifiée de non autorisée au regard de la réglementation européenne sur les nouveaux aliments et d’un arrêté royal belge sur les plantes. Voici ce que cette alerte signifie — et ce qu’elle ne permet pas de conclure.

Un rappel daté, portant sur un produit identifié

Ce que précise l’avis de l’AFSCA

L’AFSCA indique que l’alerte fait suite à une notification via le système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux, le RASFF. Le produit concerné est nommé : complément alimentaire « Perform », marque Libonex. L’agence précise que tous les lots sont visés, sans distinguer un numéro de lot particulier, et que le produit a été distribué par différents points de vente, dont les sites Farmaline et eBay.

La consigne est concrète : ne pas consommer ce produit et le ramener au lieu où il a été acheté. L’avis donne aussi les coordonnées du point de contact de l’AFSCA pour toute question. Il n’annonce pas un rappel général de toutes les références contenant une plante, ni une interdiction générale de tous les compléments végétaux. Il ne décrit pas non plus une intoxication ou un effet indésirable observé : la justification publiée porte sur le statut réglementaire de l’ingrédient dans ce produit.

« Non autorisé » ne décrit pas à lui seul un effet médical

Conformité réglementaire et bénéfice revendiqué sont deux questions distinctes

La qualification employée par l’AFSCA concerne la mise sur le marché du produit au regard des règles applicables. Elle ne signifie pas, en elle-même, que l’agence a établi un effet toxique précis chez une personne ; elle ne démontre pas davantage une efficacité. Pour les nouveaux aliments, le règlement européen prévoit un régime d’autorisation : les aliments concernés ne peuvent être commercialisés que s’ils figurent sur la liste de l’Union, sous réserve des conditions qui y sont associées.

Le catalogue de la Commission européenne aide à s’orienter sur le statut de différents ingrédients, mais la Commission précise qu’il s’agit d’un outil non contraignant et non exhaustif, à lire avec la liste européenne des aliments autorisés. L’historique d’utilisation, la partie de plante, la forme et l’usage envisagé peuvent compter. Dans ce cas précis, l’AFSCA fonde son avis sur Mucuna pruriens dans le complément « Perform » et mentionne aussi un arrêté royal belge relatif aux plantes. Mieux vaut ne pas transformer un rappel ciblé en conclusion sur tous les produits portant un nom botanique similaire.

Un rappel belge n’équivaut pas à un avis de rappel français

Vérifier l’alerte et le produit exacts

Le rappel publié par l’AFSCA concerne le produit vendu en Belgique. Le fait que certains exemplaires aient été distribués par des points de vente en ligne ne permet pas, à lui seul, d’affirmer que toutes les boutiques ou tous les pays sont concernés. À la date de rédaction, l’avis identifié est celui de l’autorité belge ; un consommateur en France peut vérifier les alertes françaises sur RappelConso et suivre les instructions du vendeur ou des autorités compétentes.

En France, la DGCCRF rappelle que les compléments alimentaires sont des denrées, pas des médicaments, et que leur composition et leur présentation obéissent à des règles spécifiques. Une page de vente ou une mention « naturel » ne prouve ni que l’usage est autorisé dans toutes les situations ni que deux extraits sont comparables. Les questions de conformité d’un produit et celles de preuve d’un effet sur la santé ne se confondent pas.

Les réflexes utiles devant une alerte

Lire la consigne plutôt que généraliser

Si vous possédez exactement « Perform » de Libonex, suivez le rappel de l’AFSCA : ne le consommez pas, quel que soit le lot, et rapportez-le au point de vente conformément à l’avis. Si vous avez un autre produit, comparez la marque et la référence avec le texte officiel avant d’en tirer une conclusion. Un ingrédient au nom voisin ne suffit pas à établir qu’un article est concerné.

Pour tout complément, gardez l’emballage et l’étiquette complète : composition, partie de plante, forme, avertissements, portion recommandée et exploitant responsable. N’ajoutez pas un produit à un traitement sans avis professionnel ; les interactions éventuelles dépendent de la substance, de la dose et de la situation de santé. Une réaction après consommation justifie de demander conseil à un professionnel de santé ; l’article ne permet pas d’en déterminer la cause.

Le RASFF sert aux autorités des pays européens à partager rapidement des informations sur les risques liés à la chaîne alimentaire, afin de pouvoir réagir. Ce dispositif explique comment une notification peut entraîner un rappel ; pour le consommateur, l’avis national précise le produit, le périmètre et la marche à suivre. Pour d’autres repères, voir notre article sur les questions à se poser devant une étiquette de complément et notre dossier sur les différences entre préparations de plantes.

Sources

Sources institutionnelles consultées le 12 octobre 2026 :