West Nile en France : 117 cas autochtones recensés au 21 septembre

Le bulletin de Santé publique France publié le 23 septembre recense 117 cas autochtones jusqu’au 21 septembre : ce que ce chiffre dit et les précautions utiles.

Une promeneuse en vêtements clairs traverse un chemin au bord de l’eau, dans la lumière du soir.
Une scène urbaine de fin d’été illustre la vigilance face aux piqûres de moustiques.

Un bulletin de surveillance publié le 23 septembre par Santé publique France fait état de 117 infections autochtones au virus West Nile recensées en France hexagonale au 21 septembre, soit 25 de plus que la semaine précédente. Plusieurs départements sont concernés pour la première fois cette saison. Ce chiffre décrit une situation évolutive à une date précise ; il n’annonce pas à lui seul le risque individuel de chaque habitant.

Un bilan daté et localisé

Le dernier bulletin national disponible ce lundi 28 septembre porte sur les données arrêtées au 21 septembre. Il dénombre 117 cas autochtones, c’est-à-dire des personnes dont l’infection a été contractée en France hexagonale. Santé publique France rapporte une hausse hebdomadaire de 25 cas. Onze personnes n’ont pas de lieu précis de contamination identifié à cette date.

Les cas signalés se répartissent dans plusieurs régions : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire. Pour la première fois depuis le début de la saison, des infections humaines ont été détectées dans l’Aude, la Seine-et-Marne, la Drôme, le Rhône, l’Isère, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et le Loiret. « Première fois » signifie qu’un cas y a été identifié cette saison, pas que tous les habitants de ces départements sont exposés de la même façon.

Le total n’est ni un décompte mis à jour en temps réel ni une prévision. Il pourra évoluer avec les prochains bulletins et les investigations. Pour comprendre pourquoi la date, la définition et le périmètre d’un chiffre comptent, voir aussi notre article sur la lecture des chiffres de santé dans leur contexte.

Comment se transmet le virus West Nile ?

Le virus du Nil occidental, ou West Nile, circule principalement entre oiseaux et moustiques. Selon l’Anses, des moustiques du genre Culex peuvent acquérir le virus en piquant un oiseau infecté, puis le transmettre à un mammifère, notamment un cheval ou une personne. Les humains et les chevaux ne constituent pas, dans ce cycle, une source à partir de laquelle un moustique devient infectieux. Les cas ne se transmettent donc pas de personne à personne par les contacts ordinaires.

Le fait de compter des infections humaines dans différents départements reflète la surveillance d’une transmission par moustiques, et non une propagation de proche en proche. La présence d’oiseaux, de moustiques vecteurs et de conditions favorables varie d’un endroit à l’autre. La surveillance associe ainsi données humaines, animales et environnementales : un cas animal peut aider à repérer une circulation locale, tandis qu’un cas humain est documenté par les autorités sanitaires.

Ce que l’on sait des formes de l’infection

Une infection par le virus West Nile ne provoque pas nécessairement de symptômes. L’Anses indique qu’environ 80 % des infections sont asymptomatiques. Lorsqu’une forme fébrile survient, elle peut notamment s’accompagner de fatigue, de fièvre, de maux de tête ou de douleurs musculaires et articulaires. Les formes neurologiques graves, telles qu’une méningite ou une encéphalite, restent rares, mais peuvent avoir des conséquences importantes. Les personnes âgées ou immunodéprimées sont plus susceptibles de développer une forme grave, rappelle l’Anses.

Ces signes ne permettent pas d’identifier le West Nile à eux seuls : ils peuvent avoir de nombreuses autres causes. L’article ne remplace pas une évaluation médicale et ne permet pas de conclure qu’une personne est infectée ou non. Les chiffres de surveillance ne signifient pas non plus que chaque infection évoluera vers une forme grave.

Une hausse notable, sans cause unique établie

Dans un entretien publié le 22 septembre, une experte de l’Anses décrit une circulation plus précoce et plus intense en 2026 que ce qui avait été observé jusque-là en France. Elle précise qu’il n’y a pas encore d’explication certaine. Plusieurs pistes sont examinées : une détection plus active, une éventuelle évolution du virus, la présence du virus chez des oiseaux locaux ou migrateurs et les conditions météorologiques de l’année, qui peuvent influencer les moustiques et leurs déplacements.

Ce sont des hypothèses à étudier, et non des causes démontrées de l’augmentation enregistrée. Il serait donc prématuré d’attribuer la hausse à un facteur isolé, au seul climat ou à un comportement individuel. Les bulletins hebdomadaires permettent de suivre les cas et les lieux concernés ; les travaux de laboratoire et les enquêtes de terrain contribuent à préciser ce qui se passe.

Des gestes simples contre les piqûres

À l’échelle individuelle, la mesure pratique consiste à limiter les piqûres. L’Anses recommande notamment de porter des vêtements longs, amples et de couleur claire, d’utiliser un répulsif adapté selon son mode d’emploi et, si possible, d’éviter les sorties au crépuscule, période où les moustiques Culex sont plus actifs. Les conseils peuvent varier selon l’âge, la grossesse ou l’état de santé : en cas de doute sur un produit, demander l’avis d’un professionnel de santé ou d’un pharmacien.

Ces précautions réduisent l’exposition sans garantir qu’aucune piqûre ne surviendra. Elles ne justifient pas de renoncer à toute activité extérieure. Il est utile de suivre les messages de l’Agence régionale de santé et des autorités locales, qui peuvent adapter leurs consignes à la situation du territoire. Les actions collectives de surveillance et de prévention restent également importantes.

En cas de fièvre ou de symptômes inhabituels après une exposition possible aux moustiques, un professionnel de santé peut évaluer la situation au regard du contexte et des signes présents. Une difficulté neurologique aiguë justifie une prise en charge urgente. Ne tentez pas de vous diagnostiquer à partir d’une carte de cas ou d’un article d’actualité.

Sources

Sources institutionnelles vérifiées le 28 septembre 2026. Les chiffres cités proviennent du bulletin du 23 septembre, arrêté au 21 septembre.